Sarah A. Swan - Une Femme Simple

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Sarah A. Swan - Une Femme Simple

Message  Invité le Lun 30 Jan - 15:34

Résumé


Une femme simple, c'est vous, c'est moi...
Quelle importance !
Une femme simple, n'a pas de prénom...
Une femme simple vous parle à vous, uniquement à vous.
Ecoutez ou ignorez son histoire.

Elle est née comme tout le monde, elle a vécu comme beaucoup de personnes. Son histoire peut-être celle de beaucoup d'autres.

Et pourtant...


Section 1 - Chapitre Premier


Je suis une fille. C'est peut-être la première chose que l'on a dit à mes parents quand je suis née. Je ne savais rien, ils ont dû m'apprendre la vie. Quelle période intéressante de ma vie, tellement passionnante que je n'en ai aucun souvenirs. Rassurez-moi, vous aussi ? Je suppose que mon premier mot a dû être "silence" ou "espoir", c'est peut-être ce qui me différencie de vous. Notre premier mot ! Il doit dire beaucoup sur nous, notre vie. Allez savoir ! Des années de couches et de biberons se sont écoulées sans que je m'en rende compte, quel temps perdu !

Et tout d'un coup, je me suis retrouvée à un jour particulier. Vous pourriez le deviner si je vous en laissais le temps ! Et je suis persuadée que vous aussi, vous vous en rappelez ! Votre premier jour d'école, évidemment. C'est une première dans la vie d'un être humain. Attention ! Je ne parle pas d'une garderie ou de l'école enfantine ! Non, de l'école avec les bancs et le professeur qui nous apprend plein de choses qui seront peut-être les seules utiles dans notre vie. Essayez de ne pas apprendre à lire et à écrire, vous n'irez pas loin. D'ailleurs, j'étais si impatiente de vivre ce jour que j'ai bien dû embêter mes parents avec ça ! Je me sentais grande ! Enfin j'étais une petite fille, pas un bébé. Prête à affronter tout ce qui pourrait m'arriver dans cet établissement sauvage qui ressemble parfois à une savane. Oui, je sais, j'ai un peu tiré cet image d'un film mais ça m'a réellement marqué !

Ce jour-là, il faisait beau. Un soleil chaleureux tentait de réconforter les autres enfants qui étaient dans mon cas, et à moi, il me chuchotait que je commençais une nouvelle vie et que j'allais devenir quelqu'un de bien. Pleine de naïveté, j'écoutais les instructions habituelles du premier jour avec émerveillement ! Ces odeurs de vieux bâtiment qui a vu passer mes parents, ou les parents d'autres enfants de mon âge. Ces bancs qui grinçaient quand on les ouvraient et qui parfois réservaient d'étranges surprise. Et c'est ce jour-là, ce jour particulier, cet unique jour où on apprend de nouvelles choses. Par exemple, on apprend à rencontrer des enfants et à s'entendre avec eux. On y rencontre sa meilleure amie, celle avec qui on projette de vivre sa vie et que nos enfants seront amis aussi. Amie pour la vie et plus encore. Évidemment, à cet âge-là, on ne parle pas encore d'amour, l'amitié a cette place si importante dans notre vie et est en même temps si artificiel. Joëlle était super gentille, jusqu'à ce qu'elle gribouille un coeur qui ressemblait à une patate sur ma feuille, on s'est frappée jusqu'à ce que mort s'en suive... J'ai gagné ! Non, je rigole. Mais trente secondes après cette crise horrible, on était de nouveau meilleure amie pour la vie (jusqu'à la prochaine fois). Et en plus, à cet âge-là, les garçons sont dégoûtants ! Je devais être précoce... J'avais déjà un fiancé. Oui, comme pour l'amitié, on saute des étapes à ce moment particulier de la vie. Ce qu'on apprend aussi, c'est à critiquer ! C'est là que commencent à pendre nos vilaines langues !

Suite à ça, je me suis retrouvée en prison, derrière des barreaux de devoirs et de mauvaises notes jugées insuffisantes par mes parents. Comme d'autres, j'ai été punie de télévision, de sortie, barricadée derrières des bouquins d'école qui sentait le moisi !

Et c'est pendant ces années d'école de premier cycle qui dure jusqu'à nos douze ans que notre vie coule tout comme notre innocence. Si nous étions naïfs, nous créons à pendant ces années notre caractère. Nous nous forgeons une identité qui sera totalement perturbée au cycle prochain !

Oui parce qu'après cette douce période, il se passe le plus croustillant ! La période la pire et la meilleure de notre vie. Je vous conseille de me suivre encore un moment, parce que c'est maintenant que la vraie vie commence
!


Section 2 - Chapitre Premier


Un jour, ça nous tombe dessus comme ça. On se regarde dans la miroir et on remarque qu'on a changé. Qu'on devient une femme mais qu'on est encore une enfant. La transition peut se faire en douceur, mais je ne sais pas si c'est souvent le cas. En regardant en arrière, il n'y a rien à voir. Un passé d'innocence où courir après les papillons n'était pas ridicule.

Je pourrais faire un cours d'anatomie sur les changements qu'une fille connaît, mais je m'abstiendrais. Les amis changent et se perdent. Les amours n'ont jamais duré et nous voilà complétement perdu. Tout semble éphémère et la qualité des rapports parents-enfants ne sont plus les mêmes. Il faut se détacher de cette prison, mais on se sent obligé d'y rester cloué. Personne ne nous sauvera, et pourtant, notre âme d'enfant, encore si fragile mais qui s'efface, espère qu'on nous enlèvera de ce monde parfois trop cruel.

Les jeux ne sont plus les mêmes, les rêves se construisent. C'est en cet période qu'ils sont le plus fort et plus fragile à la fois. Ils construisent la personnalité de ce que nous seront plus tard. Mais une série d'événement peut les déchirer comme du papier. Les regards, eux aussi, changent ! Avant, nous étions mignon et adorable et soudain, on devient de vilains canards, parfois même effrayant...

Qui suis-je ? Le reflet du miroir renvoie une image trop flou que je n'arrive pas à discerner. Le rire devient silencieux, je ne ris plus ! Mon sourire est tombé et mon corps vibre de rage. Qui suis-je ? Je veux fuir, toucher la liberté et peut-être avoir une vie de rêve...

Les flammes brûlent devant moi, et je ne bouge pas. J'entends des cris, des bruits étranges... Mais je reste figée, avec cette unique question en tête : qui suis-je ?

Section 2 - Chapitre Deux


Treize petites flammes, treize bougies. Aujourd'hui, j'ai treize ans. Certains parlent de chiffre porte-malheur, d'autres de porte-bonheur. Moi, je m'en fiche un peu ! J'ai treize ans, ça ne signifie rien !

Autour de moi, mes parents, ma famille me souhaite un joyeux anniversaire. Il faut dire qu'ils s'amusent plus que moi. Ils boivent et rient, alors que je reste là, à part. Je pense à mes amis, j'aurais bien aimé fêter avec eux ! Je pense à Logan... Le beau Logan ! C'est le gars le plus mignon de ma classe ! Il est grand et beaux ! Ses yeux verdures me font rêver ! Quand il me regarde, j'ai l'impression de m'envoler pour l'Irlande. Son sourire illumine toute une pièce... (C'est peut-être à cause de son appareil dentaire ?!)

J'ai été sortie de mes pensées par ma tante qui m'appelait ! Elle était toute excitée et me demandait d'ouvrir son cadeau... Persuadée que son cadeau me plairait plus que les autres, qu'elle avait choisi la chose exceptionnelle qui me rendrait folle de joie. En y repensant, faire un peu de comédie pour montrer à tout le monde que j'ai aimé leurs cadeaux les rendra heureux, alors je me lance...

Je déchire le papier qui entoure une petite boîte. L'emballage doré et argenté tombe délicatement par terre, je retire alors une boîte bleue sombre et l'ouvre. A l'intérieur, couché sur un coussin blanc, se trouve une fée en argent. Le petit pendentif est reliée à une chaîne en argent. Un collier, et tout le monde s'émerveille !

- Qu'est-ce qu'il est beau ! répète ma mère.

Mon père parle billets de banque et mon oncle fait un signe de la main qui signifie "non ce n'est rien". D'autres paquets se suivent, mais je suis blasée ! Ces choses me semblent inutiles. Je fais semblant de me réjouir, mais mon coeur se ballade sur une plage irlandaise avec Logan.

La soirée se poursuit, mais je n'en garde pas de souvenirs particuliers, à part des rêves... Demain, l'école reprend, et je reverrais Logan ! Nous avons fait toute notre scolarité ensemble, mais il ne m'a jamais vraiment vu ! Cette année, l'année de mes treize ans, Logan me remarquera et me parlera ! Il faudra que j'en parle à ma meilleure amie, Joëlle. Elle trouvera certainement une bonne idée, et si elle n'en trouve pas, au moins nous pourrons en parler à longueur de journée... Je souris à cette pensée, et soudain faire semblant de ne pas mettre un terme plus rapidement à cette soirée était plus difficile.


Section 2 - Chapitre Trois


L'école recommence. C'est la cour des grands désormais ! Je regarde autour de moi et les filles semblent différentes, les garçons posent d'autres regards. J'ai l'impression d'être considérée comme une personne responsable, et un peu comme dans ces séries américaines, j'ai l'impression d'être une héroïne.

Logan passe... Mon cœur palpite ! Je le sens quitter ma poitrine, descendre dans mon ventre et remonter ! C'est l'histoire de mon premier amour qui défile devant mes yeux... Celui qui sera suivi par tant d'autres, mais que jamais je n'oublierais ! L'intouchable, le roi de la cour, le prince charmant que toutes dévorent du regard. Il me regarde quelques instants et j'ai l'impression d'être ailleurs.

L'amour, est-ce que c'est vraiment ça ? Ce que rencontre une fille de 13 ans, peut-il être amour ? Le décor change, le monde change et depuis ma naissance rien n'est pareil. En ce moment, je suis jugée sur ce que je montre. Ma coiffure est-elle assez à la mode ? Mes pantalons sont-ils comme celui de la voisine ? Car lorsque cette période commence, le but est d'être différente mais nous sommes toutes pareilles. Des femmes en devenir. Les mêmes problèmes, les mêmes ennuis et bien souvent les mêmes sentiments... Toutes ces demoiselles abandonnent leurs histoires d'enfants pour apprivoiser la vraie vie. Nous regardons la route qui nous conduit vers l'avenir et nous voyons un avenir. L'amour croise notre chemin et nous salue d'une belle révérence. Et chacune de ces filles, aussi différentes soient-elles, va tomber dans ses bras. Pour moi, mon démon sera Logan. Pour Joelle, Tomas, pour Marie, Kevin, pour Amy, Stefan.. Toutes ces futures femmes vont le rencontrer ! Le particulier, le doux, le premier amour... Il déchire les cœurs et semble nous fragiliser... Mais en fait, il nous rend plus fortes ! Certaines, oublieront de croire en l'amour après son passage, d'autres y croiront plus forts encore !

Car après la naissance et l'enfance, la prochaine étape d'une femme est l'amour.


Section 2 - Chapitre Quatre


C'est quoi l'amour ? Une fille sait ce que c'est ! Elle le ressent toujours, comme si son corps, son âme est programmé pour aimer. Elle est faite pour être mère, elle est faite pour aimer sans raison... Et lorsqu'elle commence à entrer dans la cours des grands, ce sentiment se fait plus violent.

On rencontre la violence à ce stade de la vie. Mais on ne se rend pas compte que ce n'est qu'une violence passagère et légère qui nous frôle sans nous tuer. Pas encore, pas encore...

On croise les ruptures, les amis d'enfance s'effacent pour faire place à de nouveaux amis qui ne dureront pas toute la vie. Mais qui le sait ? Car si on nous le disait, on ne le croirait jamais ! On aime, c'est tout ! Et notre meilleure amie connaît nos sentiments et semble nous être fidèle, mais le sera-t-elle indéfiniment ? On ne se pose pas cette question.

Le premier garçon qui fait battre notre cœur, pour moi, Logan... Quand il passe, tout s'entremêle ! Je perds le nord, la notion du temps et ma vision se floue pour ne voir que lui de net. Qui suis-je ? Rien à ses yeux... Mais j'aime ! Mon cœur s'emballe et dans mon ventre, un nuage de papillons s'envolent ! Je ronronne silencieusement quand, en cours d'anglais, il s'assied à côté de moi. Mais je pleure toutes les nuits quand je repense à Charlotte à ses bras. Charlotte, la belle Charlotte, celle que tous les garçons dévisagent et aiment... Ils la déshabilleraient du regard s'il le pouvait ! La belle Charlotte... Toutes les femmes rencontrent un jour une Charlotte ! Elle vole le cœur d'un amant impossible, elle joue avec ses sentiments et le torture. C'est un virus qui absorbe chacune de ces pulsions de vie. Mais le garçon survivra tandis que je perds goût à la vie. Accrochée à mon téléphone et mon ordinateur, je garde contact avec mes amis... Personne ne comprend, personne ne devine le mal-être qui se cache derrière mon sourire triste.

Des hurlements dans la maison ! Des larmes noient mon oreiller ! Je grandis trop vite. Et la douleur commence... Mais finalement, derrière nos airs de révoltées, nos envies de sauver le monde et d'aimer à tort ou à travers nous sommes pareilles ! Les mêmes larmes, bien trop souvent les mêmes raisons... Alors je me console en pensant qu'en fait... Je ne suis pas seule cette nuit à pleurer, je ne serais pas seule demain quand j'aurais franchit le pas...

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